Retour en vidéo sur le Festival Pantiero

Du 11 au 14 août dernier s’est déroulée la neuvième édition du Festival Pantiero à Cannes. Un Festival un peu particulier puisqu’il propose la crème de la musique actuelle à une région qui souffre d’un cruel manque d’offre culturelle décente depuis de trop longues années. Retour sur 3 jours de rock indé, et sur 1 nuit électro survoltée qui ont composé une bien belle édition.

Jour 1 : Le festival débute tout doucement mercredi 11 août à 20h. Errors a la lourde tâche d’ouvrir l’événement face à un public encore très peu nombreux. Les écossais font dans l’instrumental façon Mogwai et s’en sortent pas trop mal : les quelques personnes présentes accrochent. Suivent les Local Natives… alors que le groupe jouit d’une réputation et d’un buzz conséquent depuis de nombreux mois, et que leur album est un véritable bijou, ce n’est que face à une centaine de personnes qu’ils se produisent. Voilà la principale particularité du festival : il ne doit plus rester beaucoup d’endroits au monde où les américains doivent jouer face à moins de 500 personnes. Peu importe, ils réalisent une très explosive prestation. Poni Hoax prend la relève face à beaucoup plus de monde. Très, trop répétitif. Et ennuyeux. Dommage. Je n’aurais pas l’occasion de voir les danois de The Raveonettes.

Jour 2 : La deuxième journée de la programmation est aussi la plus surprenante. The Death Set ouvre le bal avec un punk « gentillet » sans grand intérêt. Puis première très belle surprise avec tUnE-yArDs. Accompagnée d’un seul bassiste, la chanteuse Merrill Garbus offre une heure bluffante de chansons pop/folk bricolées au sampleur et au ukulélé, avec une voix totalement incroyable. L’influence africaine est grande, la comparaison avec Animal Collective est évidente. C’est en Syrie qu’on continue avec Omar Souleyman. Un vrai personnage, qui arrive sur la scène cannoise en grande pompe tel un cador et qui fera une heure d’une musique orientale au rythme extrêmement soutenu. Le public s’embrase et se déchaine pour la première fois depuis le début des hostilités. The Rapture, qui clôture la soirée, n’aura qu’à assurer derrière.

Jour 3 : Nous y voici : la date phare du festival. Le groupe originaire de Reims, The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads, débute. Toujours aussi bon même si le public n’a pas semblé réellement accrocher. Une chose est sûre en tout cas : l’album à venir sera une réussite. Ce sont les quatre niçois Quadricolor (podcast du groupe à écouter ici) qui prennent la suite. Voici la première grande scène qui leur est offerte en Région PACA ! Une fête pour eux, un bonheur qui se ressent sur scène. Si quelques chansons ne rendent pas aussi bien qu’en version studio, le moment est agréable et met en jambe les quelques milliers de personnes survoltées à l’idée de voir Two Door Cinema Club et Foals. Two Door Cinema Club était pour moi un mystère, je n’avais jamais compris l’euphorie autour du groupe. Mais il faut avouer qu’ils prennent une autre dimension sur scène. Si leur prestation est somme toute classique et sans surprise, leur efficacité en est presque terrifiante. Chapeau., Niveau efficacité, Foals n’a rien à envier aux irlandais. Certaines phases du live sont complètement dingues. La journée était parfaite.

Jour 4 : La soirée électro se déroulera à l’intérieur du Palais. Obligatoire pour ne pas danser sous la pluie. C’est Mondkopf qui joue déjà à notre arrivée (on rate donc Bot’Ox). Son set est précis et très efficace, les spectateurs n’attendent pas très longtemps avant de se mettre à danser sans complexe. De bon augure pour débuter une soirée qui sera qualifiée ensuite par les organisateurs comme étant« une des plus belles et des plus folles soirées jamais vue dans le cadre du festival ». Zombie Nation enchaine avec un set frénétique et rare, où raisonnera évidemment l’hymne préféré des DJ actuels, la chanson Kernkraft 400. Pour terminer en beauté, Popof et son électro minimal n’aura aucun mal à conquérir le public très enthousiaste. Un spectacle beau à voir.

par Yoann le