Jagwar Ma – Howlin’

Jagwar Ma - Howlin'Intronisé par Foals, loué par Noel Gallagher, Jagwar Ma n’a aujourd’hui guère besoin d’être recommandé par qui que ce soit. Premier album, Howlin’ respire la fraîcheur et le bon goût.

Ils se sont rencontrés à Sydney mais n’ont d’Australien que le passeport. Jono Ma et Gabriel Winterfield sont en vérité deux grands voyageurs qui, à la chaleur australe ont préféré la douceur européenne. Tantôt à Londres, tantôt à Berlin, c’est en France, perdu au cœur des campagnes tourangelles, qu’ils ont enregistré Howlin’. Un premier album qui n’a très certainement que le nom (Hurlement en Français) d’anxiogène.

Petite merveille contemporaine, Howlin’ puise pourtant son inspiration vingt ans en arrière, dans les caves d’un Manchester underground. Sans inventer quoique ce soit, Jagwar Ma, tourné vers demain, fait du neuf avec du vieux. Visionnaire ? Peut-être. Noël Gallagher a, après tout, bien dit d’eux qu’ils étaient « le futur de la galaxie ». La référence au psychédélique Madchester fin 80’s ne saurait ici passer inaperçue. Happy Mondays, Stone Roses, les comparaisons ont d’ailleurs, à tort moins qu’à raison, envahit le tout internet. Avouons-le tout de suite, elles sont difficiles à bouder. Elles tiennent pourtant plus de l’analogie que d’autre chose. A comprendre que, oui, Jagwar Ma sonne Stone Roses. Mais que, non, Howlin’ n’est pas un simple et pâle copier-coller.

Howlin’, c’est avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle de Jono et de Gabriel qui, avant de s’unir, ont chacun joué de leur côté. Pendant que le premier s’occupait à mélanger soul et musique électronique, l’autre s’essayait à l’écriture de chansons garage pop (et oui ça existe). Autant dire que rien n’était gagné. Pourtant, aux beats aiguisés et éraillés de Jono, Gabriel a su donner de la hauteur. Du son de sa guitare, il est aussi parvenu à faire décoller les lourdes machines électroniques de son comparse beatmaker. Archi loopé, chaque morceau s’est à sa manière transformé en petite merveille. Entêtant, obsédant, enivrant, tout se répète sans que rien ne se ressemble. C’est ainsi que les ambiances 90’s de The Throw et de That Loneliness font place quelques pistes plus loin à la house appuyée de Four, sans conteste le morceau le plus dance de l’album.

Rien à jeter, léché au poil, Howlin’ est de ces petits bijoux qui, s’ils ne rythmeront pas les décennies à venir, agrémenteront au moins les douceurs de l’été. Titre après titre, Jagwar Ma, à la visite du cosmos, propulse l’auditeur vers de nouvelles galaxies. A croire que Noel avait raison.

Jagwar Ma – Howlin’ : 4/5

Disque en écoute intégrale via StreamR

par Yoann le