Jupiter – Saké

JUPITER
PREMIER ALBUM « JUICY LUCY »
SORTIE LE 4 JUIN CHEZ GRAND BLANC

Bio :

Jupiter est un duo franco-anglais basé à Paris, mais c’est à Londres que Quarles et Amélie se rencontrent un soir. Un dancefloor vidé par un hit oublié (Mama Used To Say, succès funky britannique de 1982 chanté par un certain Junior), une fête qui finit trop tôt, un groupe est né. La collaboration entre Amélie et Quarles repose sur une passion commune pour une époque teintée de strass et d’insouciance: on ressent clairement l’impact de la disco et de l’electro-funk au cœur de leur musique, mais le groupe confesse aussi des influences plus larges et cite volontiers Sly & Robbie, Beach House, Alan Parsons Project, Siriusmo ou même les Beastie Boys.

Leur premier single, Starlighter, sort en 2009 et excite rapidement la blogosphère. Cet hymne underground porte déjà en lui toute la richesse du groupe, entre songwriting élégant et hédonisme dancefloor. Une signature qu’ils appliquent également à leurs remixes pour Metronomy, Anoraak ou encore Two Door Cinema Club. Sortira ensuite une irrésistible reprise de leur titre fondateur Mama Used to Say, qui leur vaudra par ailleurs les louanges de son auteur. Ces quelques titres leurs ouvrent les portes de plusieurs compilations, sorties chez Valerie, Ministry Of Sound ou encore la très prisée maison Kitsuné. C’est d’ailleurs le label parisien qui sortira leurs deux singles suivants : l’incontournable Saké, qui reste en tête des charts electro iTunes pendant plusieurs semaines au printemps 2011, puis quelques mois plus tard l’irrésistible Kass Limon qui revisite un obscur titre discoïsant de Kassav’. Le duo se produit logiquement de plus en plus sur scène, où il s’adjoint les services d’un troisième musicien aux machines.

« Juicy Lucy », premier album du groupe, condense en onze morceaux le son Jupiter: beats affirmatifs et enlevés, sens de la mélodie légère et obsédante, effets de production sobres et ciselés, arrangements dévoués au songwriting, générosité émotionnelle. Le disque passe sans la moindre difficulté d’un style à l’autre: boogie funk, italo, néo-disco, rock FM, pop psychédélique, et même dub et reggae en filigrane. Un sentiment de maîtrise insouciante imprègne les morceaux, portés par la voix haute et définitive d’Amélie, et par ses paroles, souvent écrites comme des petits slogans intimes. On verrait d’ailleurs bien la jeune femme travailler pour des interprètes plus mainstream, tant elle semble posséder le don du hook imparable. Quarles la remplace au micro sur deux morceaux, dans un registre cette fois-ci plus inspiré par Michel Moers, le vocaliste de Telex.

Les matières sont nobles, le son compact, et les mélodies vives, éclairées. Malgré les nombreuses références historiques sur lesquelles il s’appuie, « Juicy Lucy » ne souffre pas du syndrome rétromaniaque qui mine une bonne partie de la musique actuelle. Il s’agit plutôt d’un projet moderniste, qui regarde devant lui et devant nous, et qui tient surtout à restaurer le rôle majeur de la chanson dans un paysage sonore saturé d’effets poudre aux yeux. C’est un déroulé facile de 11 chansons, presque toutes des tubes potentiels, qui naviguent avec entrain entre les genres et les époques, et offrent l’occasion de rappeler que la pop, électronique ou non, a encore de beaux jours devant elle.

par Yoann le