Miles Kane – Don’t forget who you are

Miles Kane Don’t forget who you areDes Littles Flames à ce deuxième album solo, en passant par les Rascals et les Last Shadow Puppets, Miles Kane a appris à s’affirmer, à montrer qui il était vraiment. Excitant mais décevant.

« Dans la famille rock star, je demande le fils. » Coupe au bol et mèche épaisse héritée de papa Gallagher, veste de velour piquée dans le grenier de papy Lennon, la bouille du petit Miles Kane apparaît en même temps que se retourne la carte du jeu des sept familles. Dessus, le lad sourit fièrement tel le digne héritier d’une génération que l’on croyait perdue, oubliée. Alors non, le rock n’est pas mort ! En atteste Don’t forget who you are. Enfin… presque.

Le nouvel album du liverpuldien est sans conteste revival. Certes. Mais il manque toutefois un ingrédient essentiel : de la subersivité. Qu’on se le dise, le Miles Kane n’est pas un grand frondeur. Pas assez « I don’t give a shit ». Ses textes sont trop consensuels, sa musique trop propre. Ou plutôt, pas assez crade. L’ex-Rascals se fend d’un rock aérien léché au poil qui, parfois, manque de saveur. De vie !

Pourtant – et au risque de nourrir le paradoxe -, derrière ses chansons se cachent de véritables histoires. Miles Kane parle des ses relations amoureuses. De SA relation amoureuse, tumultueuse, avec le modèle Suki Waterhouse. C’est ainsi qu’Out of control relate cet indescriptible coup de foudre de la bête pour la belle, que Give up exprime les frustrations qui découlent de ce trop plein de passion. Pire encore, dans Tonight, Kane prédit la fin d’une romance sans avenir. Six mois après avoir écrit la chanson, il apprenait par la presse que sa chère et tendre Suki était allée voir ailleurs. Qu’elle avait trouvé meilleur parti (ça reste à prouver) : le trop sexy Bradley Cooper (le type de Very bad trip, et oui … !).

Qu’il se rassure, sur les planches il est le seul roi. D’autant Don’t forget who you are est taillé pour le live. Et quoi que l’on ait jusqu’à présent pu soutenir, les 11 titres du LP respirent l’énergie et sont tout destinés à exploser sous la lumière des projecteurs. Car sur scène, Miles Kane sait se transformer en bête sauvage. En un animal féroce prêt à donner jusqu’à sa dernière goutte de sueur pour satisfaire un public acquis à sa cause. Une ode aux 70’s qui n’aura d’ailleurs pas manqué d’inspirer la relève. Jakes Bugg, les Strypes etc. Impossible de ne pas déceler là la trace d’une évidente filiation. Vous en voulez la preuve ? Rendez vous à l’Olympia en octobre prochain.

Miles Kanes – Don’t forget who you are : 3/5

Album en écoute intégrale via StreamR

par Yoann le