Primavera Sound 2013 : un compte-rendu par Seb

Cela faisait deux ou trois années que mon amie viennoise Youki (elle est autrichienne, pas japonaise) me tannait pour que je l’accompagne au festival Primavera Sound en Espagne. J’étais bien trop occupé, et ma copine de l’époque lassée de passer trop de temps en festivals ne me motivait guère à prendre la route direction la Catalogne. Mais cette année, à la vue de la programmation dingue de l’édition 2013 du festival, aucune hésitation. Direction Barcelone, (bien) accompagné d’amis et de parfaits inconnus. Des gens qui en sont à leur septième edition de Primavera consecutives ! Ambiance.

Tout commence toujours très tard en Espagne. Il faut se préparer psychologiquement. Les journées-types devraient commencer vers 17h, pour se terminer le lendemain à 6h. Et cela pendant plusieurs jours. A peine arrivé, la sensation que tes pieds ressembleront bien vite à des passoires (la douleur la plus atroce s’est fait ressentir lors du deuxième soir pendant le concert de James Blake).

primavera Sound 2013

1er JOUR :

On commence doucement avec EL INQUILINO COMMUNISTA qui ne me fait ni chaud ni froid. On s’économise avant de faire un tour. Au loin, j’entend les NAIVE NEW BEATERS qui jouent sur la scène Adidas. On en profite un instant, face à nos compatriotes que je connais assez bien pour les avoir filmé quelques jours plus tôt. Mes amis autrichiens découvrent le groupe, et regrettent déjà de ne pas en voir plus. Car tout le monde file vers SAVAGES sur la scène de Pitchfork. Le groupe de filles, mené par la chanteuse de John&Jehn, est la vraie première grosse claque du festival. Quelle classe. Une première gros bonheur suivi d’une déception. TAME IMPALA joue sur une scène (Heineken) trop grande.Trop de monde. Difficile d’apprécier le moment en étant mal placé dans la foule. J’aurais du aller les voir au Nouveau Casino. DO MAKE SAY THINK me régale. Devant DEERHUNTER, la sensation de voir un truc génial, immense, se passer. Et GRIZZLY BEAR, impérial, que j’aurai aimé voir de plus près, assis, pour contempler. Il est déjà minuit. SIMIAN MOBILE DISCO devrait réussir à me réchauffer. Car, contrairement à Paris où tu ne me verras que très rarement danser, ici je suis comme un petit fou. Et j’enchaîne (oubliant PHOENIX) les pas de danse devant FUCK BUTTONS, FOUR TET (brièvement) et ANIMAL COLLECTIVE. Ces derniers ne m’excite pas tant que ça finalement. Trop perchés. Heureusement, My girls sonnera le chant de la révolte juste avant le DJ set de JOHN TALABOT. Premier métro. C’est beau, mais les jambes ne suivent déjà presque plus.

primavera Sound 2013

2ème JOUR :

Réveil compliqué, mais il est déjà l’heure de filer. Et quand tu commences une journée par NICK WATERHOUSE, c’est déjà tout gagné. Quelle bombe. Dommage de ne pas compter grand monde encore sur place pour vivre ce moment. On croise DOPE BODY, mais j’ai l’impression d’être le seul à apprécier. Le gros morceau de la journée se prépare : DJANGO DJANGO. Les copains sont déjà au milieu de la fosse bien remplie. Je tente de les retrouver en vain. Je dois même reculer face à des mouvements de foules un peu flippant. Bousculé, agacé, je retrouve néanmoins le sourire grâce au concert. Magique. Superbe. J’aime les groupes qui revisitent leur disque sur scène. Et DJANGO DJANGO le fait brillamment. C’est seul maintenant, que j’aperçois SOLANGE, et les BREEDERS qui feraient mieux de profiter de leur retraite. J’attends avec impatience les LOCAL NATIVES, qui jouent à m’en donner des frissons. La nostalgie me prend, je repense à mon Road Trip. Un peu morose, j’assiste au show de HOW TO DRESS WELL, de loin. Et oui, vraiment, j’ai mal aux pieds.

JAMES BLAKE apparaît alors en sauveur de soirée compliquée. J’écoute son disque en boucle depuis quelques jours, et son concert m’émerveille. Grand Monsieur. Par contre, SWANS qui suit, je n’ai pas compris. A 1h du matin, difficile d’accrocher. Je croise Benjamin du groupe EDGAR PILOT. Celui que je croise souvent de manière improbable n’en croit pas ses yeux de me retrouver à Barcelone. Il file vers BLUR. Je choisis GOAT. Pas envie de m’aventurer dans le bordel généré par le groupe de Damon Albarn. Et j’ai eu raison. Wow. Youki est sortie du concert de GOAT en ayant le sentiment d’avoir vu le plus beau live de sa vie. Vibrant. A voir absolument dès que possible. Je suis rincé, et je ne sais plus comment mettre un pied devant l’autre. Résigné, je m’assied face à THE KNIFE. Les chansons du groupe suédois ne m’ont jamais convaincu, mais je tente ma chance. Les gens dansent, je decide de m’approcher. Contre toute attente, je me laisse séduire. Une douzaine de danseurs sur scène, une ambiance dingue dans le public, la musique de THE KNIFE prend une saveur que je ne soupçonnais pas. DAPHNI ne prend pas le relai avec succès, il est 6h, et c’est l’heure de rentrer.

primavera sound

3ème JOUR :

Je regrette mes CONVERSE trouées. Arrivée de Youki et Philipp face à PANTHA DU PRINCE. Je n’ai pas eu le courage de me pointer si tôt. Dommage, il a visiblement mis le feu. Je débarque pour MOUNT EERIE. On déambule. Pas grand monde pour l’instant, l’impression d’être un fantôme parmi tant d’autres. Le plus gros reste pourtant à venir. ORCHESTRE POLY RYTHMO DE COTONOU me fait vibrer, mais mon esprit est ailleurs. Moi je veux voir la belle MELODY’S ECHO CHAMBER. La parfaite amante. Je veux l’épouser, tout simplement. Et en garçon d’honneur je met mon buddy MAC DEMARCO. Son bassiste a rejoué Blackbird des BEATLES en rock garage, un régal.
Je rate DEAD CAN DANCE. Pas mon tripe à cette heure. ARCHIVE me laisse sur ma faim, tout comme à Solidays en 2010. C’est beau, mais ma tête n’y est pas. Avec WU-TANG CLAN, j’ai enfin exactement ce que je veux : un peu de mouvement et un genre musical que je n’avais pas encore abordé depuis le début du périple. Non, je ne me taperai pas la tête de bonheur sur les poteaux des toîts du Forùm mais c’était quand meme bien cool. Method Man était absent. Dommage. Je retrouve mes amis un peu sur un nuage, il faut bien l’avouer, pour DAN DEACON sur la scène Vice. Quelques pas de danse plus tard, découverte de THE BABIES. Ca marche plutôt bien. On enchaîne avec LIARS, grande classe, superbe, puis CRYSTAL CASTLES. Encore une fois, trop de monde, trop loin. Difficile d’apprécier le moment. Rien à voir avec le souvenir scotchant du duo canadien sous la pluie de ROCK EN SEINE en 2010.
Je quitte la bande pour me diriger vers HOT CHIP. Ces dingues ont illuminé ma nuit. Une folie furieuse qui atteint son apothéose lors de la chanson Over and Over. Je n’avais pas vu ça depuis RATM à Bercy. Simplement magique. Quelques minutes face aux énergiques THE SUICIDE OF WESTERN CULTURE et le soleil se lève avec DJ KOZE. Il est plus de 6h du matin. On traverse un champ de ruine. Je tente de prendre une photo nette. C’est bon.

primavera sound

Top 10 Seb
01 HOT CHIP
02 DJANGO DJANGO
03 LOCAL NATIVES
04 GOAT
05 JAMES BLAKE
06 NICK WATERHOUSE
07 THE KNIFE
08 LIARS
09 DEER HUNTER
10 MAC DEMARCO

Top 10 de la bande
01 JAMES BLAKE
02 LIARS
03 GOAT
04 DO MAY SAY THINK
05 THE KNIFE
06 DJANGO DJANGO
07 METZ
08 PANTHA DU PRINCE
09 PAUS
10 APPARAT

Primavera Sound 2013 est une belle réussite pleine de joie, de bonne humeur, et avec une programmation effrayante de qualité. L’an prochain, si l’occasion se présente à nouveau, je n’hésiterai pas une seconde. La sensation que de beaux moments sont encore à vivre à Barcelone à l’occasion du festival.

Merci à toutes les magnifiques personnes qui m’ont accompagné dans cette aventure espagnole.

SH

© Photos : Seb Houis

par Yoann le